Tu peux influencer l'avenir du secteur IT au Maroc — depuis l'intérieur

Sif Elarab Ayyoub
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 Tu peux influencer l'avenir du secteur IT au Maroc — depuis l'intérieur

Tu as entre 18 et 30 ans. Tu travailles dans le secteur IT, tu y aspires, ou tu en connais les rouages de l'intérieur. Et tu t'es déjà dit, au détour d'un stage raté ou d'une offre d'emploi décevante : quelqu'un devrait faire quelque chose pour que ce secteur recrute autrement.

Tu as entre 18 et 30 ans. Tu travailles dans le secteur IT, tu y aspires, ou tu en connais les rouages de l'intérieur. Et tu t'es déjà dit, au détour d'un stage raté ou d'une offre d'emploi décevante : quelqu'un devrait faire quelque chose pour que ce secteur recrute autrement.

Et si c'était toi qui le faisiez ?

Le Centre for the Promotion of Imports from Developing Countries — le CBI, une agence néerlandaise rattachée au gouvernement des Pays-Bas — recrute deux nouveaux membres pour rejoindre son Youth Advisory Committee (YAC) dédié au secteur de l'IT Outsourcing (ITO) au Maroc. Deadline : le 21 juillet 2026.

Ce n'est pas un programme de formation. Ce n'est pas une conférence d'un week-end. C'est un siège à la table où se décide la transformation d'un secteur entier.


Pourquoi l'ITO marocain, et pourquoi c'est le bon moment

Le secteur de l'IT outsourcing au Maroc, c'est une réalité économique sous-estimée. Le pays possède des atouts structurels réels : proximité géographique et culturelle avec l'Europe, fuseau horaire compatible, main-d'œuvre jeune et de plus en plus qualifiée, coûts compétitifs, et une infrastructure numérique qui s'améliore. La demande européenne en services IT externalisés est en croissance constante — et les entreprises marocaines sont bien positionnées pour en capter une part significative.

Pourtant, il y a un paradoxe que quiconque a cherché un emploi dans ce secteur connaît bien : d'un côté, des PME ITO qui peinent à trouver et retenir des jeunes talents. De l'autre, des jeunes diplômés qui ne trouvent pas de portes d'entrée décentes dans le secteur, ou qui le quittent dès qu'une opportunité meilleure se présente. Le mismatch est réel. Et il ne se résout pas tout seul.

C'est précisément pour s'attaquer à ce problème que le CBI a lancé en 2023 un projet qui court jusqu'en 2028 : transformer le secteur ITO marocain en un espace qui génère des emplois décents pour les jeunes, qui booste les capacités export des PME, et qui améliore la façon dont ces entreprises attirent, forment et retiennent les jeunes talents. Le projet implique 14 PME marocaines — Mobiblanc, Gear9, Skatys, ShellBox, et d'autres — ainsi que des partenaires comme l'APEBI, EFE Maroc, et le Moroccan Leadership Institute.

Dans ce cadre, le YAC — le Youth Advisory Committee — a été lancé il y a un an. Sept Marocains de moins de 30 ans, passionnés par l'emploi des jeunes et le développement du secteur IT, qui conseillent et challengent l'équipe projet sur les vraies questions : quels sont les freins réels à l'emploi des jeunes dans l'ITO ? Qu'est-ce qui manque ? Qu'est-ce qui pourrait changer ? Aujourd'hui, le CBI cherche à élargir ce comité avec deux nouveaux membres.


C'est quoi exactement, le Youth Advisory Committee ?

Un YAC, c'est un comité consultatif de jeunes. L'idée est simple mais structurellement importante : quand on conçoit des politiques, des projets, ou des initiatives censées bénéficier aux jeunes, les jeunes eux-mêmes ont rarement leur mot à dire dans les décisions. Le YAC corrige ça.

Concrètement, les membres du comité travaillent avec l'équipe projet CBI et ses partenaires marocains et néerlandais pour identifier les défis réels que vivent les jeunes dans le secteur ITO, proposer des idées et des approches, valider ou challenger les initiatives en cours, et s'assurer que la réalité du terrain soit représentée dans les décisions qui se prennent au niveau du projet.

Ce n'est pas un rôle symbolique. L'équipe CBI est composée de professionnels expérimentés — Laurien Adriaanse en gestion de projet, Khadija Amahal en expertise jeunesse, Amine Zarouk comme expert régional, et des experts internationaux en ITO et RSE. Ces gens travaillent sur la transformation structurelle d'un secteur. Et ils veulent des jeunes qui parlent vrai, qui challengent les idées, et qui apportent une perspective que les experts n'ont pas.

La durée d'un mandat est d'un an. À l'issue de ce mandat, chaque membre reçoit un certificat de reconnaissance et une lettre de recommandation.


Ce que tu vas vraiment y gagner — soyons concrets

Commençons par ce qui ne figure pas dans les fiches officielles.

Tu vas apprendre à comprendre un projet de développement international de l'intérieur. Comment le CBI structure ses interventions. Comment des partenariats entre une agence gouvernementale néerlandaise, des associations marocaines, et des PME privées se coordonnent. Comment les décisions se prennent dans ce type d'environnement. C'est une compréhension que tu ne trouveras ni dans un cours, ni dans un stage classique.

Tu vas collaborer avec des experts marocains et néerlandais. Pas de façon distante ou formelle — dans le cadre de séances de travail réelles, autour de vrais problèmes. Les gens à côté de toi à cette table ont des années d'expérience dans le secteur IT, les politiques d'emploi des jeunes, et la coopération internationale. Ce réseau-là ne se fabrique pas autrement.

Tu vas exercer une influence réelle. Les YAC qui fonctionnent bien ne sont pas des espaces consultatifs pour la forme. Ils alimentent directement les orientations des projets. Quand tu identifies un problème que l'équipe n'avait pas vu, ou que tu proposes une approche qui change la façon dont une initiative est conçue — ça compte. Et ça se sent.

Tu vas construire une crédibilité rare. Avoir participé pendant un an à un comité consultatif jeunes dans le cadre d'un projet de développement international de l'ampleur du projet CBI Morocco ITO, c'est quelque chose d'inhabituel sur un profil de jeune Marocain. La lettre de recommandation qui accompagne ça à la fin du mandat a de la valeur parce qu'elle est signée par une organisation sérieuse, reconnue, avec une présence réelle au Maroc.

Et tu vas te retrouver dans une posture rare : celle de quelqu'un qu'on écoute. Dans beaucoup de contextes professionnels au Maroc — surtout quand tu es jeune, surtout quand tu viens de régions moins centrales — tu es en position d'écouter, d'observer, d'attendre ton tour. Dans un YAC bien géré, c'est l'inverse : on vient chercher ton point de vue. Ça change quelque chose dans la façon dont tu te perçois dans ces espaces.


Les freins courants — et comment les aborder

"Je ne suis pas expert en ITO, je n'ai pas les compétences pour contribuer." C'est exactement le mauvais angle. Le YAC cherche des jeunes qui ont une conscience aiguë des défis que vivent les jeunes dans le secteur IT — pas des consultants senior. Si tu as cherché un emploi dans le secteur IT, si tu connais quelqu'un qui galère à se faire recruter dans une PME ITO, si tu as une idée précise de ce qui ne va pas dans les pratiques de recrutement ou de formation — tu as quelque chose à apporter. La compétence technique, c'est celle des experts autour de toi. Ta compétence à toi, c'est la perspective de terrain.

"C'est un projet surtout basé à Casablanca ou Rabat, pas pour moi si je suis dans une autre région." Le projet CBI Morocco ITO travaille avec des PME et partenaires répartis sur le territoire national. Et surtout, une des valeurs centrales d'un YAC, c'est d'apporter des perspectives diverses — y compris géographiques. Un jeune de l'Oriental qui comprend comment le secteur IT est perçu et accessible depuis une ville secondaire apporte une valeur que quelqu'un de Casablanca ne peut pas apporter. Ta localisation n'est pas un handicap. C'est une perspective.

"C'est un engagement d'un an, je ne suis pas sûr de pouvoir m'y tenir." C'est une vraie question à se poser honnêtement. Le YAC demande du temps et de l'engagement régulier. Si tu es en pleine période d'examens difficile, ou que ta situation professionnelle est instable, prends ça en compte. En revanche, si tu peux honorer cet engagement — un an de collaboration ponctuelle mais régulière avec une équipe internationale — ça en vaut la peine.

"Ils vont sûrement choisir quelqu'un d'une grande école ou avec un parcours impressionnant." Le critère de sélection annoncé est clair : être entre 18 et 30 ans, être conscient des défis que vivent les jeunes pour s'employer dans le secteur IT, et vouloir contribuer à transformer ce secteur. Ce n'est pas un appel à candidatures pour un cabinet de conseil. C'est un appel à des jeunes avec une perspective authentique. Ta voix compte plus que ton diplôme ici.


Comment candidater — le guide pratique

La deadline est le 21 juillet 2026.

Le processus est simple : un formulaire en ligne, accessible via ce lien — forms.gle/HuzWw2eqgBptaKRs7.

Pour maximiser tes chances, voici ce sur quoi concentrer ta candidature :

Sois précis sur ta connaissance du secteur. Pas besoin d'écrire un rapport de consulting. Mais "je connais les défis du secteur ITO" ne dit rien. "J'ai cherché pendant quatre mois un poste de développeur dans des PME marocaines, voilà ce que j'ai observé" — ça, c'est concret et ça compte.

Parle de ce que tu veux changer, pas juste de ce que tu veux apprendre. Les programmes cherchent des gens qui ont quelque chose à apporter, pas seulement quelque chose à recevoir. Qu'est-ce que tu penses qu'il faudrait faire différemment dans la façon dont les PME ITO recrutent les jeunes ? Dans la façon dont les formations techniques sont articulées avec les besoins du marché ? Dans la façon dont les jeunes de régions éloignées accèdent à ces emplois ? Si tu as une réponse — même partielle, même en question — mets-la en avant.

Montre ton engagement, pas juste ton profil. Une implication dans une association étudiante liée au numérique, une participation à un hackathon IT, un projet personnel dans le secteur, une connaissance directe des difficultés d'insertion dans le secteur via ton propre parcours ou celui de tes proches — tout ça est pertinent.

Pour en savoir plus sur le projet avant de postuler : la page officielle du projet CBI Morocco ITO est accessible sur cbi.eu/projects/morocco-ito. Elle donne le contexte complet, les partenaires impliqués, et les objectifs du projet.


Avant de finir

Il y a quelque chose de particulier dans cette opportunité que j'ai envie de nommer.

La plupart des opportunités pour les jeunes dans le secteur IT au Maroc consistent à entrer quelque part — un stage, une première expérience, une formation. Ce qui est proposé ici est différent : entrer dans un espace où la question n'est pas comment tu t'adaptes au secteur, mais comment le secteur devrait évoluer pour mieux accueillir des gens comme toi.

C'est une posture que très peu de jeunes Marocains ont l'occasion d'occuper. Celle du conseiller. Celle de la personne dont l'expérience vécue n'est pas un détail biographique, mais une expertise en elle-même.

Dans mon travail autour de la gouvernance ouverte et de la participation citoyenne, je crois profondément à ça : les meilleures politiques et les meilleurs projets sont ceux qui sont co-construits avec les personnes qu'ils sont censés servir. Le YAC CBI Morocco ITO est, structurellement, un espace qui essaie de faire ça. Et il manque deux voix.

Si tu as entre 18 et 30 ans, si tu connais de l'intérieur les réalités du marché IT marocain, et si tu as envie de contribuer à quelque chose qui dure — postule avant le 21 juillet.


Saif El Arab Ayyoub est titulaire d'un Master en Finances Publiques et membre de l'Open Government au Conseil de la Région de l'Oriental. Il écrit sur les opportunités pour la jeunesse marocaine, la transparence institutionnelle, et le développement de l'Oriental.

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